L’après-covid, c’est maintenant

Dans une carte blanche précédente, Jean-Louis Lamboray proposait de bâtir le déconfinement selon trois principes: le changement de regard sur la  personne à risque, la nature altruiste de toute personne humaine, et  l’appel à l’intelligence collective locale.
Dans cette nouvelle carte blanche co-signée avec Yves Coppieters, et publiée par le journal Le Soir, nous proposons de concrétiser ces principes.
Nous espérons qu’ainsi chacun.e pourra régler son comportement en fonction de son risque de faire une forme grave de Covid-19 et de la probabilité de contagion dans diverses situations de la vie courante.

Le pictogramme ci-dessous pourrait être un outil utile pour que  dans chaque situation de la vie courante chacun.e  prenne les mesures appropriées en fonction des risques qu’il/elle court et fait courir aux autres. 

Si la restriction des libertés pouvait se comprendre pendant le confinement, il n’en est plus de même alors que l’urgence sanitaire semble de mieux en mieux maîtrisée. Pendant le confinement, exception faite pour certains secteurs vitaux, tous sans distinction ont été “assignés à résidence”. Cette restriction indiscriminée des libertés ne se justifie plus. Il revient maintenant aux autorités de communiquer la distinction entre la probabilité de s’infecter par le virus du Covid-19 et le risque d’avoir des complications graves. 

Une stratégie basée sur le risque 

Les stratégies basées sur le risque sont des pratiques essentielles de santé publique. Elles cherchent à établir le juste équilibre entre le coût d’une intervention et son bénéfice pour la population. Par exemple, la vaccination contre la grippe est recommandée pour les personnes âgées parce qu’elles sont le plus à risque, ou  le dépistage du cancer du sein est gratuit en Wallonie chez les femmes âgées de 50 à 69 ans parce que c’est à cet âge que leur risque du cancer du sein est le plus élevé.

En Belgique le risque de décès de la Covid-19 est limité à 25% de la population: les personnes âgées de plus de 65 ans et certaines personnes moins âgées souffrant d’obésité, de  diabète, de maladies pulmonaires ou d’autres pathologies chroniques. Vu que le port du masque et  la distanciation physique par l’ensemble de la population ont des effets  psychologiques, économiques et sociaux importants, ces mesures devraient surtout être réservées aux situations susceptibles de mettre en danger les personnes à risque.  Bien sûr, les autres personnes resteraient libres de continuer à les appliquer à titre individuel. 

Pour 75% de la population, le risque de formes graves (et donc de décès) du Covid-19 est quasi nul. Dès lors, toutes les activités scolaires, sportives, économiques et culturelles qui ne mettent pas directement en danger les personnes à risque devraient reprendre suivant une normalité qui lève progressivement les contraintes de distanciation physique et de l’obligation du port de masque. 

Cette recommandation s’impose d’autant plus que le respect des mesures d’hygiène personnelle (se laver les mains, ne se toucher le visage qu’après s’être lavé les mains, se saluer sans contact physique, tousser et éternuer dans le pli du coude) ralentissent déjà  la transmission du virus.

En pratique:

  1. Les personnes à risque combinent les mesures d’hygiène de base, la distanciation physique et le port du masque dans toutes les situations au potentiel élevé de contagion. Elles jugent de la nécessité de fréquenter ces lieux et sont libres de prendre des précautions supplémentaires dans les autres situations.
  2. Les personnes sans risque de faire une forme grave de  Covid-19 respectent les mesures d’hygiène de base dans toutes les circonstances et adoptent les mesures supplémentaires pour protéger les personnes à risque dans les milieux à haute probabilité de contagion partagés avec ces personnes.
  3. Dans des milieux plus restreints tels que la famille ou le lieu de travail où les personnes à risque sont connues toutes les personnes concernées se concertent pour trouver le juste équilibre entre prévention du  risque et  vie professionnelle, sociale et familiale.

Jean-Louis Lamboray
Spécialiste en Santé Publique
Président de Belcompetence, Constellation Belgium

Yves Coppieters – Professeur de Santé Publique – ULB

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